MariaEmilia parte1


Mes compliments à Pakisama, à l’association des agriculteurs d’Asie
pour le développement rural durable qui organisent cet important forum de combat contre la faim
à travers des partenariats; Mes compliments aux autres
participants à ce forum, représentants d’agences
gouvernementales, d’ONG, instituts de recherche, et surtout aux organisations d’agriculteurs et agricultrices des Philippines. Mon nom est Maria Emilia Pacheco, je travaille dans une ONG appelée FASE Solidarité et Education une ancienne ONG brésilienne qui a comme objectif de contribuer au processus d’éducation populaire d’éducation environnementale, en ville et à la campagne et au nom de la FASE je fais également partie du Forum brésilien de souveraineté et sécurité alimentaire et nutritionnelle créé il y a déjà de nombreuses années
au Brésil et à travers ce forum, je suis arrivée au Conseil National de
sécurité alimentaire et nutritionnelle où je suis présidente depuis 2012. CONSEA est un espace important
de participation sociale. Et la participation sociale est l’un des principes qui régit au Brésil la création historique du Système National de Sécurité
Alimentaire et Nutritionnelle. CONSEA existait déjà avant le gouvernement actuel mais ses activités ont été arrêtées sous le gouvernement de
Fernando Enrique Cardoso et il fut réinstallé sous le gouvernement du président Lula
en 2003. C’est un espace de participation, de concertation avec le gouvernement un lieu pour élaborer des politiques, un lieu de critique aux politiques
et programmes quand nous voulons avoir des
questionnements nécessaires pour perfectionner des propositions ou pour les transformer. Ce conseil est constitué à 2/3 de la société civile et à 1/3 du gouvernement. 20 ministères y sont représentés et parmi les organisations de la société
civile qui y sont représentées il y a des délégués d’organisations
représentant les peuples indigènes, des représentants des
communautés ‘quilombolas’, qui sont des communautés traditionnelles créées par les esclaves au Brésil; mais aussi des représentants de
plusieurs organisations paysannes, comme la FETRAF, la fédération brésilienne pour
l’agriculture familiale de laquelle fait partie Marcos Rochinski qui participe à ce forum
aux Philippines; et encore d’autres
OP nationales comme la Via Campesina, ou la CONTAG, Il y a aussi des représentants d’organisations de personnes ayant des besoins alimentaires spéciaux comme des intolérances au gluten, ou diabétiques. Il y a également des plateformes
qui y sont représentées comme la plateforme de la région
semi aride du Brésil, la Plateforme nationale d’agroécologie; des représentants de la recherche, qui sont là en tant que chercheurs engagés dans la cause de la souveraineté
alimentaire et nutritionnelle. Et nous avons enfin au sein du CONSEA des représentants d’entreprises privées: industrie alimentaire, confédération nationale de l’agriculture, … Et c’est ainsi que fonctionne ce conseil qui reçoit quotidiennement des ministres, surtout la ministre Teresa Campelo, qui est secrétaire exécutive de ce Conseil étant donné que la présidence est toujours attribuée à un représentant de la société civile. En plus du CONSEA, il y a d’autres espaces de participation qui donnent un sens à ce que nous appelons le système national de sécurité
alimentaire et nutritionnelle. Et un espace très important est la conférence nationale. Nous en avons déjà réalisé
quatre au Brésil. La quatrième, il y a quatre ans, a repris toutes les conférences réalisées dans le cadre municipal, ainsi que dans le cadre des Etats pour aboutir à la conférence nationale, ce qui signifie qu’environ 75.000 personnes venant de 3200 communes y ont participé. Et cette année, nous préparons la cinquième conférence, qui aura une devise très importante:“De la vraie nourriture, en zone rurale et urbaine, pour les droits et la souveraineté alimentaire”. Et je voudrais dire que pour nous, cette devise a un sens très important parce que nous constatons qu’il y a des mutations très importantes dans les systèmes agro-alimentaires mondiaux, ainsi qu’au Brésil qui expriment des problèmes très importants, parce que, si d’un côté le Brésil
est sorti de la carte de la faim, nous voyons l’augmentation de maladies non transmissibles mais chroniques, comme le diabète, l’hypertension, et tant d’autres qui sont l’expression de la mutation du profil nutritionnel au Brésil, de la mutation du mode de consommation car la consommation de produits très transformés a énormément augmenté, et c’est pourquoi avec cette devise, “de la vraie nourriture, en zone rurale et urbaine” nous défendons la nécessité de valoriser la culture alimentaire les aliments artisanaux, la production agro-écologique des agriculteurs et agricultrices et des peuples et communautés traditionnelles, au nom de la souveraineté alimentaire, qui reste à risque, sous la menace si nous restons, y compris au Brésil, subordonnés à une production basée sur l’usage de nombreux
produits chimiques, – le Brésil est le champion pour la consommation de pesticides, ainsi qu’un pays où la libéralisation des OGM continue – et c’est pour cela que nous devons donner une orientation vers la“vraie nourriture”, afin de réaffirmer et rénover nos politiques. En plus de la conférence nationale, le système national de sécurité alimentaire et nutritionnelle comprend aussi une chambre interministérielle de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Et tout cela est repris dans un plan fédéral, un plan par Etat et par commune. Et c’est ce qui donne le sens d’un système national. Il est très important de dire que cette construction a une histoire au Brésil. Et dans l’histoire récente, ce qui est très important à souligner fut la conquête, grâce à une grande mobilisation sociale de différents mouvements, et du CONSEA, est l’inclusion dans la constitution brésilienne – dans l’article 6 qui parle des droits sociaux – d’une référence explicite au droit humain à une alimentation adéquate.

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